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Publié par LDH49

Trente-huit réfugiés livrent le récit de femmes qui fuient leurs oppresseurs. | Le théâtre du tiroir

Trente-huit réfugiés livrent le récit de femmes qui fuient leurs oppresseurs. | Le théâtre du tiroir

Article de Maïté HELLIO publié sur https://www.ouest-france.fr/bretagne/les-portes-du-coglais-35460/montours-des-migrants-jouent-une-piece-sur-le-droit-d-asile-5342209

Ouest-France organise “Vivre ensemble, les Assises Nationales de la Citoyenneté” les 19 et 20 janvier 2018. À cette occasion, focus sur les initiatives qui font ce vivre ensemble, comme celle de la troupe du théâtre du Tiroir qui interprète "Les Suppliantes" d’Eschyle. Une pièce sur l’exil jouée par une trentaine de réfugiés.

Elles sont Égyptiennes. Ils sont Soudanais, Syriens, Érythréens. Elles ont quitté leur patrie par bateau pour ne pas être épousées contre leur gré ; ils ont fui leur pays en proie à la guerre, à la misère ou à la dictature. Elles demandent asile en Grèce ; ils veulent être accueillis en France.

L’histoire des premières, les Danaïdes, est l’un des plus célèbres mythes grecs datant du Ve siècle avant Jésus-Christ. Le récit des seconds ne relève malheureusement pas de la fiction. C’est celui de réfugiés qui, au terme d’un chemin éprouvant, ont trouvé un répit temporaire en France et vivent dans l’angoisse d’un avenir incertain. Sous une épée de Damoclès.

Quatorze nationalités

Le directeur de la compagnie du théâtre du Tiroir, basée à Laval (Mayenne), Jean-Luc Bansard a souhaité placer ces migrants dans la lumière dans le cadre d’un « chantier citoyen »« Vous n’avez pas besoin d’être comédiens, je me charge de vous apprendre », assure l’homme de théâtre.

Trente-huit acteurs de quatorze nationalités ont accepté de monter sur les planches pour interpréter Les Suppliantes, du tragédien grec Eschyle, dans une adaptation d’Olivier Py. Ils joueront en novembre à Montours, en Ille-et-Vilaine.

 

Métissage de langues

« J’ai construit ce spectacle en m’inspirant du chœur de la Grèce antique. Dans la pièce, il y a quatre chœurs : les suppliantes, les Égyptiens, un groupe de trois qui représente le père et un groupe de deux qui incarne le prince », explique Jean-Luc Bansard, le metteur en scène du spectacle.

Le métissage des cultures et des langues est l’une des forces de cette adaptation. Le metteur en scène a souhaité que chaque vers, récité en français, soit doublé d’une traduction en une autre langue, celle du pays d’origine de l’un des acteurs.

Une « tragédie musicale »

Le chant occupe également une grande place dans le spectacle, décrit par une comédienne comme une « tragédie musicale ».

L’Érythréen Zérit est l’un des premiers à avoir répondu à l’appel : « Je ne voulais pas rester oisif. Il fallait que j’apprenne quelque chose, à commencer par la langue. Je vois le théâtre comme une clé pour entrer dans la société française. La troupe est comme une famille pour moi », témoigne-t-il.

Un lieu pour « respirer »

Comme lui, nombreux sont les réfugiés à considérer ces répétitions de théâtre hebdomadaires comme des parenthèses de quiétude. Une microsociété où la tolérance et la solidarité ne sont pas de vains mots.

« L’un des comédiens m’a confié que la semaine était terrible pour lui mais qu’il commençait à respirer quand il arrivait au théâtre, rapporte Jean-Luc Bansard. Certains sont très inquiets de voir leurs démarches administratives échouer, d’autres quittent le théâtre, le soir, sans savoir où ils vont dormir. »

Une pièce contre le mariage forcé

Accepter l’autre et permettre aux femmes de disposer d’elles-mêmes : le message d’Eschyle est toujours d’actualité pour Taoufiq.

« Au Soudan, en 2017, le mariage forcé existe toujours. Les hommes sont rois et peuvent sortir. Les femmes doivent rester au foyer comme des esclaves. J’espère que demain les choses changeront », déclare le jeune homme.

« C’est difficile pour Taoufiq, car dans la pièce, il joue un Égyptien, oppresseur des femmes. Il est donc complètement à contre-emploi, précise le metteur en scène. Avant le début de la pièce, j’ai demandé à tous s’ils étaient d’accord avec le fait que la femme est libre de choisir son mari. C’était une condition nécessaire pour pouvoir jouer. »

Samedi 25 novembre, à 20 h 30, salle René-de-Obaldia au centre culturel du Coglais. Les Portes du Coglais-Montours. De 4 à 10 €.

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