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Publié par LDH49

La section LDH de Maine et Loire soutient avec ses moyens toutes les actions menées contre l’exclusion, notamment des sans-abris. A ce jour, à Angers comme ailleurs, des personnes se retrouvent sans logement ou hébergement. Certes des solutions ponctuelles sont mises en place, mais la solidarité des citoyens pallie encore trop souvent les insuffisances de l’Etat et de la ville.

Une extrême droite fascisante et violente s’est installée depuis longtemps dans la ville d’Angers et le Maine et Loire. ‘Génération Identitaire’ y est bien implantée. Elle s’attaque maintenant aux locaux associatifs de ceux qui ne pensent pas comme elle. Cela ne nous surprend pas. La LDH 49 souhaite que les élus condamnent plus fermement ces actes et qu’ils se donnent les moyens d’y mettre un terme en allant jusqu’à la dissolution des groupes fascistes.

Nous avons reçu l’expression indignée de citoyens qui depuis plusieurs années mènent des actions de solidarité, notamment avec les personnes à la rue sur Angers. Ils questionnent « Vers où penchent nos institutions ? ». Nous reproduisons ici leur expression :

 

Quelle société nous dessinent nos institutions locales ?  

Jeudi 21 janvier, 6h du matin, l’espace auto-géré dit LA GRANDE OURSE se fait expulser. 10 personnes devant une centaine de policiers lourdement armés, une nuit d’hiver.

Certes ce lieu est ce qu’on appelle un squat, en l’occurrence ici une réquisition par un groupe de personnes (une trentaine d’occupants mais des centaines de sympathisants) d’un bâtiment commercial, vide depuis de nombreuses années, appartenant aujourd’hui à la SNC Résidence des arts.

Cette occupation n’a pas été orchestrée pour répondre à un besoin ponctuel et individuel des personnes expulsées. Cette occupation en plein centre ville d’Angers est une banderole, un signal d’alarme.

Dès le début le collectif de la Grande Ourse a ouvert les portes pour réfléchir à toutes les associations, collectifs et habitants d’Angers et des environs.

L’urgence d’une mobilisation contre la précarité était bien présente au moment de l’ouverture et l’est encore plus actuellement.

Avec une efficacité incroyable, les bénévoles de La Grande Ourse ont mis en place un vestiaire (magasin gratuit de vêtements, chaussures, couvertures...), une épicerie fonctionnant sur le don, une bibliothèque-ludothèque, des cours de français, d’informatique, de self défense, des loisirs partagés, des repas offerts…

Au sein de la Grande Ourse se sont constituées des initiatives sociales et solidaires qui n’ont rien à envier au mastodonte de l’ESS : un café-associatif, une auto-école autogérée gratuite pour les personnes dans le besoin, un réseau d’agriculture paysanne basée sur l’entraide et l’auto-production, un garage solidaire … Tout cela en moins d’un an, sans soutien public !

A La Grande Ourse on trouvait un hébergement « en dernier recours », pour les personnes en situation de migration qui trouvaient portes closes à l’unique abri d’urgence municipale faute de place (60 places uniquement – hors crise sanitaire) mais aussi, et surtout, pour des étudiants durement frappés par la crise du logement et l’envolé des prix de l’immobilier.

Des centaines de personnes ont pu ainsi être accueilli, mis à l’abri, pris en charge  et alors la préfecture, via le Samu Social, était tout à fait au courant de la situation et des encouragements, non officiels, à mots couverts, nous ont parfois encouragés à user de ce réseau informel.

Nous nous rappelons ces gros titres des journaux : « des étudiants contraints d’arrêter leurs études à Angers faute de logements vacants et accessibles ». Ce dont on parle moins c’est l’afflux, à la rentrée de septembre, d’étudiants aux portes de l’abri d’urgence de la ville et (crise sanitaire oblige) logé dans des hôtels depuis le mois d’octobre. Quel est ce symbole de cette jeunesse qui vient étudier dans notre ville et qui se retrouve pris en charge par les dispositifs d’hébergements d’urgence ?

Rappelons également que pendant le premier confinement, alors que quasiment la totalité des structures d’aide étaient à l’arrêt, la Grande Ourse a effectué des maraudes à Angers (et en campagne !) pour distribuer nourriture, masque, gel … aux personnes isolées, sans abri ou en très grande précarité. Ils participaient alors au maillon de la grande chaîne de la solidarité, récupérant les invendus des supermarchés, les « non distribués » de la Banque Alimentaire… et personne ne trouvait rien à y redire, bien au contraire.

Donc aujourd’hui, au mois de janvier, en plein cœur de l’hiver, la Grande Ourse se fait expulser, pour la seconde fois, manu militari, sans discussion, sans réflexion, sans proposition.

Pendant que la préfecture et la mairie d’Angers mettaient une dizaine de personnes à la rue, jeter à la benne, prévue pour l’occasion à côté du local,  vêtements, nourritures, mobiliers (pour la plupart des dons des habitants).. bref murer un lieu d’ouverture et d’éducation  populaire, altruiste et idéaliste … nous lisons dans la presse du jour que le local municipal de l’association L’Etincelle a été une fois de plus victime d’un acte de vandalisme revendiqué par un groupe d’extrême droite.

Les symboles sont forts. Des livres ont été brûlés en autodafé dans le jardin de l’association. Et la présence sur leurs photos des lieux, postées sur les réseaux sociaux, du tristement célèbre crâne de la Waffen-SS et d’un salut nazi ne fait que renforcer cette filiation assumée.

Quelques recherches plus tard, nous nous rendons compte que notre « douceur angevine » fait très souvent la lie des extrémistes de droite : multiples agressions, dégradations de locaux d’associations qui ne semblent pas poursuivre les mêmes objectifs qu’eux … jusqu’à « l’affaire » de l’association l’ALVARIUM, située en plein centre ville d’Angers, rue du Cornet, explicitement d’extrême droite .

Et que fait la mairie ? Pourtant propriétaire du local de l’Etincelle, nous n'avons vu aucune déclaration fustigeant haut et fort cet acte fasciste (datant de 10 jours auparavant).

Sans doute lié aux nombreux articles et interrogations de la population sur les médias, la ville se targue d’un tweet le lendemain pour dénoncer ces actes, suivi quelques jours plus tard, devant l’insistance de l’opposition en conseil municipal, d’un communiqué de presse. 

Ces deux faits n’auraient pu ne jamais se rencontrer, toutefois la lecture que nous faisons de ces deux informations nous fait peur. Le silence de nos représentants devient assourdissant en comparaison à la violence de l’expulsion de ce matin. Quel message doit-on y lire ? Dans quelle société souhaite-t-il nous faire vivre ?

A défaut d’une prise en charge du dialogue par nos élus, retrouvons-nous dans la rue pour en discuter ce SAMEDI 31 janvier à 14h pl. Du ralliement. Rassemblement organisé par l’Etincelle et de nombreuses associations locales.

 

Les Robinsons, collectif de citoyens regroupés autour de l’aide aux personnes en situation de migration sur l’agglomération angevine. (Les Robinsons ne sont pas membres de La Grande Ourse)

 

L’expulsion de la Grande Ourse, l’attaque fasciste de l’Etincelle suscitent l’indignation de citoyens angevins
L’expulsion de la Grande Ourse, l’attaque fasciste de l’Etincelle suscitent l’indignation de citoyens angevins
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