Ensemble pour défendre les droits et la citoyenneté des personnes handicapées !
Tribune collective dont Nathalie Tehio, présidente de la LDH, est signataire
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A l’approche de l’anniversaire de la loi handicap de 2005, plusieurs associations et personnalités publiques engagées dans la lutte contre les inégalités et les discriminations, dont le champion paralympique Alexis Hanquinquant et le comédien Artus, demandent à l’Etat de prendre des mesures concrètes pour garantir les droits des personnes handicapées.
Vingt ans après la loi du 11 février 2005, les promesses faites aux personnes handicapées d’égalité des droits et des chances, de participation et de citoyenneté ne sont toujours pas respectées. Insuffisance des moyens humains et financiers, absence de volonté politique, manque de formation des acteurs, immobilisme des gouvernements successifs… les avancées sont trop lentes, trop partielles, trop éloignées des besoins. Vivre avec un handicap reste synonyme, dès la petite enfance, de discriminations et d’exclusions.
L’Etat doit prendre ses responsabilités et cesser de considérer les droits humains comme des variables d’ajustement budgétaire. Mais l’Etat ne peut pas tout. Entreprises, associations, partenaires sociaux, collectivités territoriales, administrations, élus de la République, citoyens et citoyennes, il est temps de fédérer nos énergies.
La société tout entière doit se mobiliser pour défendre les droits humains, la justice sociale et la solidarité. Nous devons collectivement construire un monde juste et respectueux où chacune et chacun peut se déplacer librement, aller à l’école ou au travail, se loger, se soigner, bénéficier des services publics, profiter des vacances, pratiquer un sport ou une activité culturelle, avoir une vie intime, affective et sexuelle, vivre dignement à tout âge. Une société où tout le monde peut choisir sa vie, avoir sa place et être reconnu. Une société où chacun est pleinement citoyen, participe à la démocratie et la construction de la société.
Ensemble, nous devons faire de la mise en accessibilité universelle une priorité afin de renforcer la participation sociale des personnes handicapées. Trop souvent, elles se retrouvent exclues des lieux qui font les liens sociaux et marginalisées dans leur capacité à contribuer activement à la construction de notre avenir commun. Vingt ans après 2005, seulement 1,4 % des clubs sportifs, 3 % des sites internet et 50 % des établissements recevant du public sont pleinement accessibles. Les politiques incitatives ont montré leurs limites, le temps est venu d’appliquer les sanctions.
Ensemble, nous devons garantir l’accès à l’éducation pour toutes et tous. Trop peu d’enfants ont accès à des matériels et des contenus pédagogiques adaptés, trop peu d’établissements scolaires sont accessibles et prennent en compte les contraintes des enfants handicapés en termes notamment d’accès aux soins, trop peu d’enseignants ont le soutien et les ressources nécessaires. Les scolarités en pointillé tout comme la précarité des contrats des accompagnants ne peuvent perdurer.
Ensemble, exigeons une vie digne pour chacun et chacune. 12 % des personnes handicapées sont au chômage, 25 % d’entre elles sont pauvres, l’allocation aux adultes handicapés et les pensions d’invalidité étant sous le seuil de pauvreté. De plus, l’accès aux aides spécifiques reste un parcours du combattant pour les personnes et les familles, tout en laissant un reste à charge trop important. La pénurie de professionnels de l’accompagnement et du soin rend difficile l’accès à un chez-soi, y compris en établissement. De nombreux proches endossent un rôle d’aidant à plein temps, ce qui impacte gravement leurs vies professionnelle, familiale et sociale. Il est temps de garantir un niveau de vie décent, au moins égal au seuil de pauvreté, de créer les conditions pour que chacun et chacune accède et se maintienne dans une activité professionnelle suffisamment rémunératrice, de construire des logements accessibles et de respecter les projets et choix de vie de toutes les personnes.
Rendons enfin effectifs les droits des personnes handicapées. Délaissons la politique des promesses qui ne se concrétisent pas ou trop lentement. Sortons des stéréotypes sur le handicap. Refusons l’indifférence et agissons contre les discriminations. Ensemble, faisons bouger la République.
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