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Publié par C. Denis - LDH49

Depuis la prise de Kaboul par les talibans le 15 août 2021, nombre de ressortissants afghans ont essayé de fuir l’Afghanistan pour venir se réfugier en France. Pourtant, alors que le droit d’asile est « un droit fondamental », comme le rappelle François Gemenne (directeur de l’Observatoire Hugo à l’Université de Liège, Belgique), la France ne répond plus.

A la Ligue des Droits de l’Homme, au bureau de d’autres associations humanitaires et solidaires, ce sont plusieurs afghans qui essaient de faire venir femmes, enfants et parents restés au pays. Pour beaucoup, ce sont le chaos et l’urgence qui les mènent à un parcours entre l’aéroport de Kaboul, la fuite vers Begrâm, l’échappée vers le Pakistan puis finalement l’attente dans la terreur et l’incertitude.

Depuis le 15 août 2021, au sein de la permanence juridique de la Ligue des Droits de l'Homme - 49, nous avons reçu plusieurs appels d’afghans réfugiés en France dont les familles se trouvent dans diverses situations :

  • La demande d’un visa aux autorités consulaires françaises ;
  • L’attente d’un visa promis par les autorités consulaires françaises ;
  • La détention d’un visa délivré par ces autorités mais l’impossibilité de quitter le territoire où elles se trouvent.

Alors que le Président de la République française craint les « flux migratoires », qu’il se rassure : une majorité de personnes en danger pouvant prétendre à l’asile en France est bloquée sur le territoire afghan ou abandonnée sur les territoires voisins.

Car oui, au grand malheur, l’ambassade française d’Islamabad est fermée et celle de Téhéran ne répond plus ! Où aller ? Que faire ? C’est l’heure de sortir sa carte de la région et d’étudier les territoires alentours… Un jeune afghan, craignant pour sa femme, propose alors qu’elle passe par New Delhi. Ce serait trop simple ! Elle n’y réside pas et un visa ne pourra lui être délivré. Il faudrait pour cela, une action forte du gouvernement français, un accord, un signe…

Le désarroi et le sentiment d’impuissance, partagés jusqu’au national, est également celui de nos « partenaires » et de nos « interlocuteurs ». Assistantes sociales, associations locales, proches d’afghans,… les appels se multiplient.

Alors que notre « rôle » est de conseiller, d’orienter, d’aider, nous ne savons pas, nous ne savons rien. Un signalement auprès des autorités françaises compétentes et puis, aucun retour. C’est le débordement et la pression pour tous. Une adresse par-ci, un contact par-là, me menant même à discuter avec un militant de Solidarité sans Frontières en Gironde, enthousiaste parce qu’il détient des pistes, avant que celles-ci ne disparaissent à leur tour et que le silence revienne.

Qu’adviendra-t-il de ces personnes abandonnées ? C’est une lourde responsabilité pour la France de ne pas essayer de trouver des solutions concrètes et de regarder, de loin, la lente rétrogradation des droits du peuple afghan. Il est plus que nécessaire que la France soit présente et réponde à l'appel. 

 

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