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Publié par LDH49

Soutien à la Grande Ourse

Depuis son ouverture le 1er novembre 2019, l’ancien magasin de meubles situé au 6 Quai Robert Fèvre héberge femmes, hommes et enfants en difficulté (SDF, étudiants, jeunes travailleurs, demandeurs d’asile, mineurs isolés, réfugiés..) pour leur permettre de se reconstruire en attendant d’obtenir une prise en charge par l’Etat ou tout simplement d’accéder au logement.

En effet, parmi les personnes habitant le lieu, nombre d’entre elles ont droit au logement avec une demande en attente. Pour les autres, elles doivent bénéficier du droit à l’hébergement inconditionnel tel que prévu par le Code de l’action sociale et familiale.[1]

Ce lieu a également vu naître des actions de solidarité pour tou.te.s :

  • Un accueil de jour
  • une « freepicerie » et un « freeshop » pour garantir un accès à l’alimentation et à l’habillement
  • des distributions alimentaires importantes aux personnes à la rue durant le confinement, lesquelles ont notamment été soutenues par la Fondation l’Abbé Pierre (30 à 60 repas par jour en maraudes, 4 lieux de vie ravitaillés, soit environ 60 à 70 personnes, 2 campements, soit environ 120 personnes, et certains hôtels)

Durant toute cette année, de nombreux collectifs locaux ont pu s’y retrouver pour y déployer leurs talents artistiques et/ou organiser des conférences et ciné-débats ouverts au public, avec toujours, en toile de fond, un engagement solidaire, écologique ou citoyen.

Et pourtant, ce lieu de vie et d’entraide se trouve aujourd’hui menacé d’expulsion. Le 16 octobre dernier, la quarantaine d’habitants du lieu a ainsi appris le verdict du tribunal : ces derniers ne bénéficieront d’aucun délai et ne pourront pas se prévaloir de la trêve hivernale à partir du 1er novembre.

Le 2 juillet dernier, le ministre chargé de la ville et du logement présentait aux préfets de région et de département ses orientations face à la crise sanitaire, à savoir « Prévenir et éviter les expulsions locatives sans proposition de relogement dans le contexte sanitaire actuel ». Soulevant le fait que malgré la fin de l’état d’urgence sanitaire à compter du 10 juillet, la situation sanitaire restait préoccupante et qu’une vigilance particulière au cours des prochains mois serait nécessaire pour éviter les clusters et les risques de rebond de l’épidémie.

Le 17 octobre, la ministre chargée du logement a annoncé dans une nouvelle instruction aux préfets [2] qu’« Il est impératif dans cette période de faire respecter les principes de la circulaire du 2 juillet dernier, sous ses deux aspects :

  • Pas de remise sèche à la rue des publics hébergés sans solution de logement ou d’un autre hébergement
  • Pas d’expulsion locative aux concours de la force publique sans solution de logement ou d’hébergement »

Elle a également décidé d’anticiper l’ouverture de la campagne hivernale et demandé l’ouverture des places pour l’hiver à compter du 18 octobre.

Au vu de ces éléments et en application de ces instructions, nous demandons à Monsieur le Préfet de Maine et Loire :

  • D’introduire un moratoire sur l’expulsion en n’accordant pas le concours de la force publique,
  • De rechercher des solutions d’hébergement et de logement stables et pérennes pour les habitants.

Cette opération, violente pour les personnes et accentuant la grande précarité et l’extrême pauvreté, mettrait en péril la vie de ces personnes si elles devaient se retrouver à la rue, à la veille de l’hiver et dans un contexte sanitaire où notre département est le plus impacté dans la région selon le dernier bulletin de l’agence régionale de santé [3], ce qui a tout d’abord entrainé la mise en place d’un couvre-feu, avant qu’un reconfinement national ne soit annoncé. 

Comme le précisait la ministre en juillet 2020, « Les sans domicile fixe ne doivent pas être les oubliés de cette crise sanitaire ».

Les organisations signataires :

Délégation du Secours catholique Maine et Loire, Emmaüs Angers, La Ligue des droits de l’Homme Angers, Médecin du Monde, Asile et Partage, le Ravitaillement Alimentaire Autonome Réseau d’Entraide, le collectif Ephémère, la Grande Ourse.

 

 

 
Soutien à la Grande Ourse

[1] Article 345-2-2 « Toute personne sans abri en situation de détresse médicale, psychique ou sociale a accès, à tout moment, à un dispositif d'hébergement d'urgence. »

[2] Instruction du 17 octobre de la ministre du logement concernant la campagne hivernale 2020-2021

[3] Bulletin d’information du 20 octobre 2020 n°141

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