Communiqués LDH 29 et 30/01/2026
- Alerte sur l’organisation du « Transatlantic Summit » au sein du Parlement européen – Risque de dévoiement des valeurs fondamentales de l’Union
- Plus de 250 organisations de la société civile appellent la Commission européenne à autoriser la collaboration transfrontalière pour les organisations à but non lucratif
- Nous demandons à la France de protéger les organisations de la société civile palestinienne du ciblage systématique mené par le gouvernement israélien
- Face aux impérialismes, aux droites et extrêmes droites, partout dans le monde, les femmes résistent ! Face aux attaques du gouvernement, Grève féministe !
- Municipales 2026 : faire des communes des territoires de solidarité, partout et pour tous
1 - Alerte sur l’organisation du « Transatlantic Summit » au sein du Parlement européen – Risque de dévoiement des valeurs fondamentales de l’Union
Lettre ouverte de Nathalie Tehio, présidente de la LDH, adressée aux députés européens attachés aux valeurs démocratiques
Mesdames, Messieurs les députés,
La LDH (Ligue des droits de l’Homme) tient à vous exprimer sa plus vive inquiétude concernant la tenue imminente du « Transatlantic Summit » au sein du Parlement européen, à Bruxelles.
Cet événement, organisé les 2 et 3 février par le Political Network for Values et parrainé par les groupes « Patriotes pour l’Europe » et « Conservateurs et Réformistes européens (CRE) », réunit des intervenants dont les positions publiques sont en contradiction flagrante avec les principes de dignité, d’égalité et de respect des droits humains tels que posés par l’Article 2 du Traité sur l’Union européenne.
Par ailleurs, alors même que les tensions internationales se durcissent et que la présidence étatsunienne se pose en conflit direct avec les dirigeants européens, le Political Network for Values compte parmi ses dirigeants de nombreuses personnalités proches de l’administration Trump, comme le « Center for Family and Human Rights ».
Plus largement, les organisations présentes lors de ce sommet promeuvent activement :
- La remise en cause du droit à l’IVG et de la santé sexuelle et reproductive.
- La stigmatisation des personnes LGBTQI+, voire la criminalisation sous couvert de défense de la « famille traditionnelle ».
- Une vision réactionnaire cherchant à éroder les avancées sociétales protégées par la Charte des droits fondamentaux de l’UE.
Le Parlement ne peut être une tribune pour l’intolérance. Les groupes politiques jouissent évidemment d’une liberté dans le choix des thématiques qu’ils souhaitent aborder afin de garantir la pluralité démocratique des opinions. Cependant, cette liberté ne saurait transformer le siège de la démocratie européenne en une caisse de résonance pour des discours visant à une régression des droits de citoyens européens, inscrits dans les textes fondateurs de l’Union Européenne.
Le Parlement européen est garant de l’Etat de droit. En permettant que de tels sommets s’y tiennent, l’institution court le risque de crédibiliser et de normaliser des agendas liberticides, tout en envoyant un signal dévastateur aux minorités et aux femmes à travers toute l’Union.
En tant que représentants élus et occupant des fonctions clés au sein de l’institution, nous vous demandons :
- d’interpeller la Présidence et le Bureau du Parlement sur la compatibilité de cet événement avec les règles d’utilisation des locaux de l’institution ;
- d’affirmer publiquement votre opposition à l’utilisation du Parlement comme plateforme pour des organisations luttant contre l’égalité des droits ;
- d’agir pour que les procédures d’accréditation et d’organisation d’événements extérieurs soient soumises à une charte éthique entièrement alignée sur les valeurs de l’Article 2 TUE et la Charte des Droits Fondamentaux.
Nous ne pouvons rester silencieux face à cette tentative d’entrisme idéologique qui vise, à terme, à fragiliser le socle de nos libertés communes.
En raison de l’importance du sujet, vous comprendrez que nous nous réservions la possibilité de rendre cette lettre publique.
Dans l’attente de votre réponse et de vos actions, nous vous prions d’agréer, Mesdames, Messieurs les députés, l’expression de notre haute considération.
Nathalie Tehio, présidente de la LDH
Paris, le 27 janvier 2026
2 - Plus de 250 organisations de la société civile appellent la Commission européenne à autoriser la collaboration transfrontalière pour les organisations à but non lucratif
Lettre ouverte dont la LDH est signataire adressée à Ursula von der Leyen, présidente de la Commission européenne et Stéphane Séjourné, vice-président exécutif chargé de la prospérité et de la stratégie industrielle
Objet : Revenez sur votre décision de retirer la directive sur les associations transfrontalières européennes (ECBA)
Nous sommes des organisations de la société civile, des organisations à but non lucratif, des organisations/acteurs philanthropiques, des fédérations d’acteurs du secteur à but non lucratif, des fédérations de services sociaux à but non lucratif et des acteurs de l’économie sociale. Nous vous écrivons au sujet de votre décision de retirer la directive sur les associations transfrontalières européennes (ATE), qui a été présentée par la Commission européenne en septembre 2023, approuvée en première lecture par le Parlement européen en mars 2024 et actuellement en discussion au Conseil.
La directive permettrait aux associations ayant des membres et exerçant leurs activités dans différents États membres d’être automatiquement reconnues dans toute l’Union et d’opérer au-delà des frontières dans les mêmes conditions que les ECBA nationales. Nous soulignons que la directive n’établit pas une nouvelle forme juridique européenne, mais crée une nouvelle forme juridique nationale présentant certaines caractéristiques et certains avantages harmonisés, tout en laissant la plupart des caractéristiques s’adapter aux traditions nationales en matière de législation sur les associations. La directive reconnaîtrait également les caractéristiques fondamentales du modèle d’entreprise à but non lucratif qui fournit des services économiques d’intérêt général sur le marché intérieur, garantissant ainsi des conditions de concurrence équitables avec les autres entreprises économiques
Nous soutenons la directive, car elle contribue à supprimer les obstacles juridiques et administratifs auxquels les organisations à but non lucratif et les citoyens sont confrontés lorsqu’ils coopèrent dans des régions transfrontalières, des macrorégions ou dans différents pays de l’UE, et renforce ainsi leur capacité à contribuer à l’intérêt général et au bien public. Cela profitera en particulier aux régions transfrontalières, où des structures de coopération transfrontalière pour les autorités publiques existent déjà, mais ne trouvent pas d’équivalent direct dans le secteur à but non lucratif en raison des différentes réglementations nationales.
Unités transfrontalières de protection civile, unités mobiles communes de soins dans les régions transfrontalières, festivals et événements culturels transnationaux, gestion et préservation communes d’écosystèmes partagés, communautés regroupant des patients atteints de maladies rares, associations de citoyens visant à soutenir et promouvoir les initiatives citoyennes européennes : ce ne sont là que quelques exemples des possibilités que pourrait offrir la directive ECBA.
Nous vous écrivons donc pour vous exprimer notre soutien à la directive et vous exhorter à revenir sur votre décision et à la maintenir dans le programme de travail de la Commission européenne.
Cordialement,
Le 27 janvier 2026
Signataires : 250 organisations dont la LDH, voir la lettre en anglais en pdf et la liste complète des signataires dont la LDH
3 - Nous demandons à la France de protéger les organisations de la société civile palestinienne du ciblage systématique mené par le gouvernement israélien
Tribune collective dont la LDH est signataire, adressée à Emmanuel Macron, président de la République
Objet : Nous demandons à la France de protéger les organisations de la société civile palestinienne du ciblage systématique mené par le gouvernement israélien
Monsieur le président de la République,
Les organisations signataires souhaitent vous alerter de la dangereuse intensification des atteintes graves commises par le gouvernement israélien et ses alliés contre les organisations de la société civile palestinienne.
Dans la bande de Gaza occupée et sous blocus, des dizaines de sièges d’organisations palestiniennes humanitaires et de développement ont été entièrement ou partiellement détruits, et plus de cinq cents travailleur-euses humanitaires ont été tué·es par l’armée israélienne, lors de violations flagrantes répétées du droit international. En Cisjordanie occupée, colonisée et en grande partie annexée de facto, les raids militaires israéliens contre les ONG palestiniennes se multiplient : leurs locaux sont pillés, saccagés, mis sous scellés, et leurs employé-es enfermé-es dans les prisons israéliennes. Les principales ONG de défense des droits humains sont ciblées par des sanctions américaines qui frappent au cœur de leurs opérations de documentation des crimes israéliens et leur travail auprès de la Cour pénale internationale.
En attaquant ceux qui s’efforcent de défendre la survie des Palestinien-nes et plaident pour la justice internationale et les droits humains, le gouvernement israélien et ses alliés ciblent au coeur même de la société civile palestinienne.
Nos organisations affirment notre entière solidarité avec le mouvement palestinien œuvrant pour la défense des droits humains, de l’Etat de droit, de la justice sociale et du développement. Nous continuerons de nous opposer à ces tactiques de délégitimation et de criminalisation, qui attaquent d’abord les ONG palestiniennes mais s’en prennent aussi aux organisations internationales et de la société civile française. En particulier, les tentatives de délégitimation des ONG internationales fournissant une aide essentielle aux Palestinien-nes ont récemment culminé avec l’annonce de désenregistrement de 37 ONG par les autorités israéliennes, qui menace d’entraver davantage la réponse humanitaire alors que les besoins à Gaza demeurent extrêmes.
La France reconnaît le rôle essentiel de ces ONG, comme le soulignent ses nombreux partenariats avec ces dernières. Cependant, la diplomatie française est restée silencieuse lorsque l’armée israélienne a envahi les locaux et emprisonné les employé-es d’une ONG palestinienne membre de Via Campesina et partenaire de l’Agence Française de Développement, le 1er décembre 2025. La France n’a pas non plus réagi à l’annonce des sanctions américaines arbitraires et sans fondement contre Addameer, puis contre Al Haq, PCHR et Al Mezan pour leur soutien au travail de la Cour pénale internationale. Ce silence est d’autant plus incompréhensible que deux de ces organisations ont été récompensées par le prix des droits de l’Homme de la République française.
Comme par le passé, la France devrait exprimer une position forte face à la politique israélienne de démantèlement de la société civile palestinienne. Il y a seulement quatre ans, en 2021, elle s’était jointe à huit autres Etats de l’Union européenne pour rejeter la désignation de six ONG palestiniennes de défense des droits humains en tant qu’ ”organisations terroristes”.
Aujourd’hui, la diplomatie française ne protège plus la société civile palestinienne face à ces attaques. La France s’est récemment engagée à verser cent millions d’euros pour financer des activités humanitaires pour les Palestinien-nes, mais ne défend pas les acteurs qui mènent sur le terrain un travail essentiel en matière de droits humains et d’aide humanitaire. La France reconnaît l’Etat de Palestine, mais ne proteste pas contre le démantèlement d’une société civile essentielle à sa réalisation. La position officielle française affirmant le soutien à la création d’un État palestinien, la France ne peut tolérer que le gouvernement israélien jette en prison les citoyen-nes qui jouent un rôle majeur dans la vitalité de la société civile.
Nous, organisations de la société civile française, refusons que la France détourne le regard de la société civile palestinienne au moment où elle fait face à une menace d’élimination sans précédent.
Monsieur le président de la République, nous vous demandons de veiller à ce que la France:
1) Condamne fermement et publiquement toute atteinte grave à l’espace civique palestinien : destruction ou raid militaire contre des infrastructures, arrestation arbitraire du personnel, actes de criminalisation, sanctions extraterritoriales ou toute action compromettant leur capacité opérationnelle.
2) Assure une véritable politique de protection des organisations de la société civile palestinienne et de leurs employé·es via des mesures concrètes pour :
Garantir la continuité opérationnelle et la protection juridique des organisations affectées par les sanctions américaines, notamment via un système financier public coordonné, juridiquement solide et politiquement crédible
Soutenir l’activation de la loi de blocage de l’Union Européenne pour limiter l’impact des sanctions américaines sur celles et ceux qui collaborent avec la Cour pénale internationale ;
Exiger fermement, dans tout échange bilatéral avec des responsables israélien-nes, la libération immédiate de tous les Palestinien-nes détenu·es arbitrairement par les autorités israéliennes ;
Maintenir et renforcer ses partenariats avec les organisations de la société civile palestinienne et exiger des réparations financières au gouvernement israélien pour tout préjudice causé par ses actes répréhensibles, comme exigé par la Cour internationale de justice.
3) Agisse en conséquence des abus persistants commis par les autorités israéliennes, y compris en poussant fermement pour des actions au niveau de l’Union européenne.
4) Assure la mise en conformité de la politique française avec le droit international concernant la Palestine, en particulier l’avis consultatif de la Cour internationale de justice du 19 juillet 2024 demandant à tout Etat tiers de ne pas aider ou assister au maintien de l’occupation et la colonisation israéliennes illégales. La France devrait soutenir l’interdiction de tout commerce avec les colonies illégales israéliennes, tant au niveau national qu’au niveau de l’UE.
Le 30 janvier 2026
Organisations signataires : Confédération Générale du Travail (CGT) , Fédération Internationale pour les droits humains (FIDH), Fédération Syndicale Unitaire (FSU), Human Rights Watch (HRW), Plateforme des ONG françaises pour la Palestine, y compris Amnesty International et la LDH (Ligue des Droits de l’Homme), Médecins Sans Frontières (MSF), Union Syndicale Solidaires
Journée internationale de lutte pour les droits des femmes en solidarité avec les femmes du monde entier – 8 mars
Appel commun dont la LDH est signataire
4 - Face aux impérialismes, aux droites et extrêmes droites, partout dans le monde, les femmes résistent ! Face aux attaques du gouvernement, Grève féministe !
Nous appelons à la grève du travail, des tâches domestiques et de la consommation. Sans les femmes, tout s’arrête ! Nous sommes déterminées à lutter contre le pouvoir, faire entendre les voix de toutes pour arracher l’égalité. Nous sommes solidaires des femmes et des populations subissant de plein fouet les conséquences dramatiques du changement climatique, aggravé par les politiques productivistes et capitalistes.
Solidarités internationales
A l’heure des guerres génocidaires, des coups d’Etat, des impérialismes démultipliés, de l’Iran à l’Afghanistan, de la Palestine au Soudan en passant par le Rojava, le Venezuela et l’Ukraine, nous serons en grève en solidarité avec nos sœurs du monde entier. Nous affirmons notre solidarité avec nos sœurs d’ Amérique latine, d’Iran, du Groenland, sous menace d’une intervention impérialiste directe par les Etats-Unis de Trump. De l’Amérique latine et du Sud au continent africain, les luttes écoféministes articulent droits des femmes, autodétermination des peuples et défense du vivant. Elles s’opposent aux logiques impérialistes, coloniales et néolibérales qui sacrifient les territoires et les populations au profit des multinationales minières, pétrolières, agricoles et financières. En solidarité avec celles qui font face aux régimes fascisants, réactionnaires, théocratiques, colonialistes et impérialistes; avec celles qui endurent les génocides, les conflits armés, les bombardements massifs, et viols de guerre, les mutilations sexuelles, les mariages forcés, celles confrontées à l’exode et aux politiques migratoires racistes, celles qui subissent la crise climatique – 80 % des populations déplacées pour des raisons climatiques sont des femmes -, l’insécurité alimentaire et l’exploitation des multinationales; avec toutes celles qui se défendent farouchement pour recouvrer ou obtenir leur liberté et leurs droits.
Pas d’instrumentalisation des luttes féministes par l’extrême droite, pas d’extrême-droite dans la rue, pas une voix pour l’extrême droite.
L’extrême-droite est désormais au pouvoir dans de nombreux pays. Partout, les immigré-es et migrant-es sont réprimé-es. Des masculinistes aux racistes, islamophobes et antisémites, lesbophobes, homophobes et transphobes, handiphobes, qui exercent des violences permanentes, l’extrême-droite étend sa sphère d’influence, grâce aux médias achetés par sa galaxie. Elle ne cesse de nourrir la haine de l’autre, le racisme, la misogynie, la LGBTQIAphobie, le validisme, et entretient la centralité d’un projet politique xénophobe. Nous réclamons l’abrogation de la loi immigration et la régularisation de tous-tes les sans-papiers. Avec les municipales de 2026 et la potentielle arrivée de l’extrême droite dans plusieurs villes, l’enjeu est celui d’une opposition unie et radicale et la formation d’un front antifasciste !
De l’argent, il y en a !
A l’heure du financement d’un porte avion de dix milliards alors que des associations, notamment féministes, risquent de fermer leurs portes et leurs services faute de financement , nous refusons de nous taire. Le gouvernement refuse de taxer les ultra-riches, le budget profondément sexiste et socialement brutal est en cours d’adoption. Ce budget impactera toujours plus lourdement les femmes du fait de leur position subalterne dans le monde du travail. Les inégalités salariales, les bas salaires, les allocations inférieures au seuil de pauvreté, les pensions de retraites toujours plus faibles précarisent les conditions de vie. Les femmes représentent 62% des personnes payées au SMIC et 70 % des bénéficiaires des banques alimentaires. Plus de 9,8 millions de personnes, dont plus d’une famille monoparentale sur trois, vivent sous le seuil de pauvreté. 300 000 personnes dont 3000 enfants vivent dans la rue. Nous demandons la hausse des salaires, la revalorisation des minimas sociaux, la construction massive de logements sociaux. L’arrêt immédiat de la baisse des financements et un rattrapage du budget des associations qui accompagnent et soutiennent les femmes.
Du travail, un temps de travail, des retraites et des salaires pour vivre et pas survivre
Les femmes, notamment les mères isolées, sont particulièrement impactées par la vie chère, elles sont majoritaires à occuper des emplois mal rémunérés, sont souvent percutées par la précarité et le temps partiel imposé et touchent un salaire en moyenne 1/4 inférieur à celui des hommes. Les femmes, dont les retraites sont 40% inférieures à celles des hommes, sont encore plus impactées par la dernière réforme. Nous voulons la retraite à 60 ans, une réduction du nombre d’annuités et des pensions décentes. Nous réclamons l’abrogation totale de la réforme Macron des retraites et de toutes celles qui ont accentué les inégalités. Nous exigeons l’abrogation des lois qui pénalisent les chômeurs-euses et les bénéficiaires du RSA. Nous exigeons la revalorisation des métiers féminisés (éducation, soin, lien, santé, nettoyage…), l’égalité salariale, l’interdiction du temps partiel imposé, la transformation des CDD en CDI et la réduction du temps de travail à 32 heures minimum avec embauches correspondantes. Nous exigeons une transposition ambitieuse de la directive européenne sur la transparence salariale qui vise à renforcer l’application du principe d’une même rémunération “pour un même travail ou un travail de valeur égale”.
Pour un réel partage du travail domestique !
80 % des femmes consacrent au moins une heure par jour à la cuisine ou au ménage contre seulement 36 % des hommes. 63 % des personnes qui s’occupent tous les jours d’enfants, de personnes âgées ou handicapées de manière informelle sont des femmes, ces aidantes ne doivent pas être victimes d’un défaut de solidarité nationale renvoyant aux solidarités familiales. Invisibilisé, dévalorisé, il est loin d’être une question privée. Les tâches qui en découlent font pleinement partie de l’activité économique. C’est un travail qui participe à produire des biens et des services et qui contribue au bien être des membres du ménage (famille) et va bien au-delà. Nous ne pouvons nous satisfaire que rien ne bouge dans la répartition des tâches au sein des couples et ce depuis des années. Cette inégalité dans la répartition du travail domestique se traduit par des inégalités dans la sphère professionnelle et est l’un des facteurs des inégalités salariales et patrimoniales. Le 8 mars, nous appelons à la grève du travail domestique.
Pour plus d’égalité et de justice, plus de services publics !
Le démantèlement des services publics de la santé, de l’éducation, du logement dégradent les conditions de vie des femmes. Les politiques libérales ont privatisé les services publics et contraignent les femmes à compenser les carences auprès des enfants comme des plus âgé-es, des malades, des enfants et adultes handicapé-es, au détriment de leur carrière, de leur autonomie financière, de leur santé. Nous réclamons la création de services publics de la petite enfance à la hauteur des besoins, avec les moyens correspondants pour en finir avec les crèches privées et de l’autonomie tout au long de la vie et une prise en charge réelle du quatrième âge. Nous exigeons des services publics renforcés : 63% des personnels sont des femmes et elles en sont aussi les premières usagères.
Notre corps nous appartient !
47000 femmes dans le monde meurent chaque année d’un avortement clandestin. Nous réclamons la réouverture de tous les centres d’interruption volontaire de grossesse qui ont été fermés pour permettre un réel accès à l’IVG sur tout le territoire, le choix de la méthode, et les moyens nécessaires à la hauteur des besoins. LGBTQIA, nous voulons pouvoir faire nos choix de vie, vivre librement notre orientation sexuelle, nos identités. Nous demandons la fin des mutilations et des traitements hormonaux non consentis. Nous voulons l’ouverture de la PMA pour toutes ! Nous dénonçons les offensives réactionnaires qui s’en prennent aux droits des personnes LGBTQIA+. Nous revendiquons la liberté de vivre son orientation sexuelle. Nous exigeons une transition libre et gratuite pour toutes et tous et la fin des mutilations et traitements hormonaux non consentis sur les personnes intersexes. Handicapées, nous subissons toutes les violences. Nous sommes privées de nos droits à l’autonomie, à l’éducation, à l’emploi, aux soins, et à la procréation. Nous voulons notre indépendance économique, l’accessibilité universelle à l’ensemble de l’espace public et à tous les lieux et bâtiments.
Stop aux violences sexistes et sexuelles (VSS)
Près d’une femme sur trois est victime de violences conjugales ou sexuelles au cours de sa vie (OMS), soit environ 840 millions de femmes dans le monde. Nous continuons à compter nos mortes car il n’y a aucune volonté politique de lutter contre les violences faites aux femmes et aux enfants. L’impunité persiste, 1 % des viols sont condamnés. Nous refusons que les enfants violé-es, maltraité-es, incesté-es continuent le plus souvent à être abandonné-es à leur sort ! Pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles, dont les violences obstétricales et gynécologiques, nous voulons une loi-cadre intégrale qui mette en avant prévention, éducation, protection, accompagnement, sanction et garantisse les moyens pour la prise en charge de l’ensemble des victimes, femmes, enfants et minorités de genre. Les plus touchées par les violences sexistes, dont les violences économiques, sont celles qui souffrent déjà de multiples oppressions : femmes victimes de racisme, exilées et migrantes, sans papiers, ouvrières, femmes sans domicile, précarisées, privées de liberté, en situation de handicap, femmes lesbiennes et bi, femmes trans, femmes en situation de prostitution et celles victimes de l’industrie pornocriminelle. Nous demandons la mise en place d’actions concrètes pour lutter contre toutes les violences sexistes et sexuelles, protéger les victimes et combattre les réseaux de traite prostitutionnelle et de proxénétisme et la marchandisation du corps des femmes. Nous dénonçons les baisses des subventions aux associations qui luttent contre les VSS et exigeons au moins les trois milliards nécessaires pour l’accompagnement des victimes et des moyens pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles et leur prévention.
Éduquer à l’égalité, un enjeu majeur, du plus jeune âge à l’Université
Une éducation à l’égalité doit permettre aux enfants de comprendre les mécanismes de domination s’exerçant dans notre société et contribuer à les protéger contre les violences sexistes et sexuelles. Nous voulons une éducation non sexiste, la réelle mise en place effective d’une éducation à la vie affective et sexuelle qui intègre les notions de désir et de plaisir, d’une éducation au consentement et à l’égalité. Et surtout, des moyens pour la mettre en œuvre. Les inégalités se vivent aussi à l’université : stéréotypes dans les orientations et les filières, bizutage fortement genré, violences sexistes et sexuelles, et c’est sans citer le sexisme ordinaire dans les amphis. Nous demandons notamment des dispositifs de protection et de soutien des victimes de discrimination efficients et financés, des formations de lutte contre les VSS… Éducation à la vie affective relationnelle et sexuelle pour toutes et tous maintenant ! Le programme d’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle (EVARS), dans la continuité des lois votées pour l’éducation à la sexualité à l’école, doit être mis en œuvre.
Nous sommes et resterons mobilisé-es tous les jours contre le patriarcat, le racisme, l’antisémitisme, l’islamophobie, le validisme, les politiques libérales et autoritaires du gouvernement et contre l’extrême droite.
Signataires : ActionAid France, Alliance des femmes pour la démocratie, Amicale du Nid,APEL-Egalité, Association Place des femmes 59, Attac France, CNT-Solidarité, Ouvrière éducation, Collectif 11 Droits des Femmes, Collectif IVG Tenon Paris 20, Collectif National pour les Droits des Femmes, Confédération Générale du Travail (CGT), Coordination française pour le Lobby Européen des Femmes, Crldht Comité pour les libertés et les droits de l’homme en Tunisie, En avant toute(s), FEMEN FRANCE , Femmes Egalité, Fondation Copernic, Force Féministe 57, Fédération Syndicale Unitaire (FSU), FTCR Fédération Tunisiens Citoyen des 2 Rives, Genre et Altermondialisme, LDH (Ligue des droits de l’Homme), Le Planning familial , Le Planning familial des Côtes-d’Armor, Ligue des Femmes Iraniennes pour la Démocratie-LFID, Maison des Femmes Thérèse Clerc , Marche Mondiale des Femmes France , Mouvement de la Paix, Mouvement des femmes kurdes en France, Mouvement du Nid, Organisation de Solidarité Trans (OST), Réussir l’égalité femmes-hommes, Stop aux Violences Obstétricales et Gynécologiques – StopVOG, UNEF le syndicat étudiant, Union syndicale Solidaires, VISA, Women Without Violence.
En soutien : Commission Féminisme les Écologistes, Ecoféminisme PEPS, Egalités, Génération·s, Jeunes Socialistes, L’APRES, La France insoumise, Les Jeunes Génération.s, NPA-l’Anticapitaliste, Parti Communiste, Parti Communiste des Ouvriers de France , Parti de Gauche , Parti socialiste , PEPS Ecoféminisme, Réseau Coopératif Gauche Alternative, Révolution Écologique pour le Vivant (REV), Victoires Populaires.
Le 30 janvier 2026
5 - Municipales 2026 : faire des communes des territoires de solidarité, partout et pour tous
Communiqué du Collectif Alerte dont la LDH est membre
À l’approche des élections municipales, le Collectif Alerte publie un plaidoyer à destination des candidates et candidats, des élus locaux et de l’ensemble des acteurs territoriaux.
Objectif : faire de la lutte contre la pauvreté et l’exclusion un pilier des politiques municipales.
Alors que près de 10 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté en France, les communes apparaissent comme le premier échelon de solidarité. Accès aux droits, logement, alimentation, enfance, transition écologique, emploi, accueil des personnes étrangères : les choix municipaux ont un impact direct et immédiat sur la vie quotidienne des habitants.
Dans ce contexte, le Collectif Alerte défend une conviction simple : les solidarités locales sont un choix politique. Si la lutte contre la pauvreté relève en grande partie de politiques nationales, son effectivité dépend largement de la capacité des territoires à rendre les droits accessibles et les services essentiels réellement atteignables.
Intitulé « Pour des communes solidaires, partout et pour tous », le plaidoyer du Collectif Alerte propose des leviers concrets, réalistes et immédiatement mobilisables par les municipalités, dès la première année de mandat, sans réforme législative préalable.
Résolument opérationnel et ancré dans les compétences communales, il s’appuie sur :
Les compétences des communes et des CCAS ;
Des pratiques existantes dans de nombreux territoires ;
Une approche fondée sur la prévention, l’accès effectif aux droits et la dignité des personnes
Les propositions couvrent sept grands axes : accès aux droits et lutte contre le non-recours ; logement et prévention du sans-abrisme ; accès digne à l’alimentation ; transition écologique juste ; enfance et jeunesse ; hospitalité locale ; inclusion et emploi.
Par ce plaidoyer, le Collectif Alerte appelle les candidates et candidats aux élections municipales à s’emparer de ces propositions pour construire des communes accueillantes, solidaires et inclusives, capables de réduire les inégalités et de renforcer la cohésion sociale.
Afin d’accompagner l’appropriation de ce document, le Collectif Alerte organise un webinaire national de présentation du plaidoyer, ouvert à toutes et tous, le 10 février. Ce temps d’échange permettra de présenter les solutions proposées et de valoriser des exemples concrets de politiques locales solidaires.
Une manière aussi d’inviter chacun et chacune à faire de ces élections municipales un rendez-vous démocratique autour des solidarités. Le plaidoyer est disponible
Paris, le 28 janvier 2026