Université d'Angers visée par des tags haineux
La section de la Ligue des droits de l’Homme, Angers et Maine-et-Loire a été informée de tags haineux apposés sur le panneau d’entrée de la Maison de la Recherche Germaine Tillion.
Ces manifestations de la haine raciste et fasciste l’alertent et l’incitent à réagir. La LDH appelle à poursuivre le combat quotidien contre l’extrême droite afin de refuser que la violence et la haine remplacent les valeurs d'égalité, de solidarité, de fraternité.
La section de la LDH publie, ci-dessous le message adressé par Chadia ARAB, directrice de la SFR Confluences, à ses collègues. Il alerte sur les différentes attaques portées par les graphismes haineux.
Cher·e·s collègues,
Avant-hier, lundi 17 novembre, des actes graves, à caractère raciste et portant directement atteinte à nos libertés académiques, ont été commis en marge du séminaire de l'axe 2 de la SFR Confluences.
Je tenais à vous en informer.
Depuis 2023, l'axe 2 de la SFR Confluences Changement social : genre, discriminations, inégalités analyse dans son cycle de séminaires les enjeux et effets de la montée des idéologies d'extrême-droite en Europe et dans le monde. Ce séminaire pluridisciplinaire rassemble les meilleur·es spécialistes et s'adresse, au-delà de la communauté universitaire, à la société civile angevine, via différents relais de médiations des sciences.
Le lundi 17 novembre à 18h à la Maison de la Recherche Germaine Tillion, nous avons accueilli une conférence qui a abordé le traitement législatif des violences à caractère raciste commis contre les migrants nord-africains (principalement Algériens) puis leurs descendants dans les années 1970-1990. Au total, l'intervenante a recensé 731 actes racistes entre 1970 et 1997 (plus précisément 610 blessés et 353 morts), un pan souvent occulté de l'histoire contemporaine française.
C'est dans ce contexte que la Maison de la recherche Germaine Tillion a été victime d'actes racistes. En effet, le panneau d'entrée du bâtiment a fait l'objet de nouveaux tags haineux. Le nom de Germaine Tillion a été rayé et remplacé par l'inscription JMLP (pour Jean-Marie Le Pen) et deux croix celtiques ont été apposées.
Germaine Tillion était une ethnologue spécialiste de l'Algérie (alors française) et une résistante à l'invasion allemande et au nazisme, entrée au Panthéon en 2015. Elle était en outre engagée contre la torture et la répression touchant les indépendantistes algérien·nes.
Son « remplacement » par le leader d'extrême-droite Jean-Marie Le Pen (dont les positions négationnistes, colonialistes et racistes, notamment en lien avec la Guerre d'Algérie, ne sont plus à démontrer) et le recours à la croix celtique, aujourd'hui utilisée par les militants d'extrême droite en référence au suprématisme blanc, à la « race » européenne et au néonazisme, constituent des appels à la haine.
Ces agissements, réalisés en parallèle de la tenue d'une conférence scientifique sur l'histoire du racisme, participent également d'une pression sur les libertés académiques, aujourd'hui de plus en plus malmenées par les mouvements d'extrême-droite au cœur même des établissements publics d'enseignement et de recherche.
Il est important que nous restions collectivement vigilant·e·s, afin de garantir la poursuite de nos travaux et de nos manifestations scientifiques dans les meilleures conditions possibles, et de faire de notre université un espace où les libertés académiques pourront continuer de s'exercer pleinement.
Je vous souhaite à toutes et à tous une bonne journée,
Chadia Arab, directrice de la SFR Confluences
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