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Publié par LDH49

Dans le contexte de la République Démocratique du Congo (RDC), seule une protection internationale telle que la Monusco (Mission de l'Organisation des Nations unies pour la stabilisation en République Démocratique du Congo) peut protéger efficacement le Dr Denis Mukwege des graves menaces qui pèsent sur lui. 

Il serait inconcevable et particulièrement choquant que ce grand de défenseur des droits humains, prix Nobel de la paix, qui continue au péril de sa vie de dénoncer les massacres et les viols utilisés comme armes de guerre en RDCongo, de réclamer justice pour ces crimes, et d’offrir aux victimes de ces exactions, principalement des femmes et des filles un lieu de soin sécurisé dans son hôpital Panzi; ne bénéficie pas de la protection internationale de l’ONU. 

Nous exhortons donc expressément lONU de re-déployer en urgence une brigade de la Monusco pour protéger le Dr Denis Mukwege, sa famille ainsi que l’hôpital Panzi et son personnel. L'absence de mesures prises pour mettre rapidement en œuvre la protection de la Monusco signifierait que l’ONU renonce à sa mission fondatrice.

La vie du Dr Mukwege, prix Nobel de la paix 2018, est en grave danger. Depuis plusieurs semaines il reçoit quotidiennement des messages de haine et des menaces de mort chaque jour plus pressants. Ce chirurgien-gynécologue, fondateur et médecin-directeur de l'hôpital Panzi, qui soigne et aide les femmes et les filles victimes de violences sexuelles est menacé en raison de son engagement auprès femmes et des filles des victimes de viols et des victimes des massacres de civils qui sont perpétrés en RDC en toute impunité depuis des décennies par des groupes armés ; ces menaces sont également des représailles à la suite de sa dénonciation de nouveaux massacres. Ces menaces qui pèsent sur le Dr Denis Mukwege comme sur sa famille sont inacceptables et doivent cesser.   

Nous avons d’autant plus peur que Denis Mukwege a déjà été victime en 2012 d’une tentative d’assassinat qui a coûté la vie à son gardien qui avait tenté de s’interposer pour le protéger. En réaction, l’ONU avait alors mis en place jusqu’à il y a quelques mois une brigade de la Monusco en charge de sa sécurité. 

Or à ce jour le Conseil de sécurité des Nations unies n’a pas proposé de redéployer cette brigade de la Monusco; à la place l’ONU demande au gouvernent congolais l’ouverture d’une enquête impartiale et le déploiement d’une brigade de la police nationale congolaise. Cette proposition n’a aucun sens puisqu’il est bien documenté que des ex-membres de ces groupes armés, soupçonnés d’être des auteurs de viols et de massacres, ont intégré cette institution. Une telle « protection » risquerait donc au contraire d’aggraver len danger non seulement du  Dr Denis Mukwege et du personnel de son hôpital mais aussi celle des survivantes de viols soignées dans son hôpital, risque qu’il est impensable de prendre.

Nous soutenons le courageux combat du Dr Denis Mukwege contre l’impunité, et demandons avec lui que les préconisations du rapport Mapping de l’ONU (2010) sur les centaines de massacres (plus de 600) commis en RDCongo de 1993 à 2003 soient enfin prises en compte et appliquées, avec notamment la création d’un Tribunal Pénal International pour la RDCongo et/ou la création de chambres mixtes composées de juges internationaux et congolais.

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