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Publié par LDH49

Dans les journaux, sur le web et les médias sociaux, les réflexions sur notre futur immédiat et plus lointain fleurissent en cette période de printemps.

En voici trois parmi bien d’autres que nous vous invitons à nous soumettre pour diffusion près des lecteurs de ce blog

Crise sanitaire : les propositions se multiplient pour penser un après plus écologique

7 avril 2020 / Émilie Massemin (Reporterre)

Le monde sortira un jour de la pandémie du Covid-19 et devra relever un système économique exsangue, voire le transformer en profondeur pour que les mêmes maux n’apparaissent plus. Afin de préparer dès maintenant la suite, les initiatives fleurissent : parlementaires, associatifs, syndicats…

 

 

Crise due au coronavirus : « Agir collectivement pour changer de modèle politique »

Un collectif d’intellectuels, d’artistes et d’acteurs du milieu associatif, dont Boris Cyrulnik, Dominique Sopo et Ariane Ascaride, souhaite, dans une tribune au « Monde », un rassemblement de la gauche pour rebâtir la société en tirant les leçons de la crise du coronavirus.

Publié le 15 avril 2020

Tribune. Le désastre sanitaire que nous vivons révèle l’absurdité funeste des modèles de gestion et d’organisation de nos sociétés. Cette crise ouvre le champ des possibles, ne ratons pas l’occasion d’en tirer des leçons durables. Cinq orientations paraissent prioritaires :

1. La pandémie du Covid-19 fait la preuve que ce ne sont pas les « premiers de cordée » qui aujourd’hui assurent la survie sanitaire, sociale et économique du pays. Mais celles et ceux dont les dirigeants du pays semblaient penser qu’ils n’étaient rien : aides-soignants, infirmiers, agents d’entretien, ambulanciers, pompiers, agriculteurs, postiers, employés de l’industrie agroalimentaire, employés de la grande distribution, chauffeurs routiers, livreurs, marins pêcheurs, éboueurs… Toutes celles et ceux qui ne peuvent ni télétravailler ni s’absenter parce qu’ils soignent et nourrissent au risque de leur santé, et pour certains de leurs vies, pour préserver la nôtre.

Nous devons agir pour une renégociation exigeante des conventions collectives de ces professions, et plus largement pour une redéfinition de la rétribution du travail et une meilleure protection des emplois.

2. La pandémie du Covid-19 montre au pouvoir politique l’importance vitale de l’hôpital public qu’il a pourtant méthodiquement désorganisé : en quarante ans, le nombre de lits est passé de 11 à 6 pour 1 000 habitants ; sur les seules six dernières années, 17 500 lits de nuit ont été supprimés. Les personnels hospitaliers sont en effectifs si réduits que des étudiants et des retraités sont aujourd’hui réquisitionnés comme forces supplétives. Ceux qui sont en première ligne, les médecins de l’hôpital public (qui pourraient gagner le double en secteur privé mais qui ont choisi volontairement de gagner moins pour être dans le public), ont tiré la sonnette d’alarme depuis longtemps. Sans être entendus. La sixième puissance économique mondiale manque de produits aussi simples et peu coûteux que des masques de protection respiratoire, du gel hydroalcoolique, des gants de protection et même des cotons-tiges ! Emmanuel Macron a déclaré lors de son premier discours sur le coronavirus que la santé et l’alimentation ne devaient plus être soumises à la seule loi de l’économie de marché. Il va falloir le lui rappeler fermement.

Nous devons agir pour une renégociation exigeante de la politique publique de santé, pour la défense de l’hôpital public.

« Tous les secteurs de l’activité humaine ne sont pas des marchandises »

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Convention Citoyenne: la démocratie confinée, ou la nécessité de penser l’après-Covid

16 avr. 2020

Alors que les 150 citoyens de la Convention Citoyenne pour le Climat se sont réunis en ligne le 3 et 4 avril et ont transmis une liste de 52 mesures pour une sortie de crise, des associations et ONG soutiennent leurs propositions. « Plus que jamais, nous avons intérêt à soutenir ces 150 citoyens dans cette période difficile mais charnière. »

Malgré la crise sanitaire que nous traversons, les 150 citoyen.ne.s de la Convention Citoyenne pour le Climat continuent à travailler, confiné.e.s chez eux. Les 3 et 4 avril dernier, réuni.e.s pour une session exceptionnelle en ligne, ils et elles ont décidé de peser sur le plan de sortie de crise du gouvernement en lui transmettant 52 de leurs mesures, accompagnées pour la première fois d’une adresse aux Français.es . C’est l’occasion pour tou.te.s de prendre connaissance de leurs travaux et de mieux comprendre leur importance.

En cette période étrange où tout semble à l’arrêt, les esprits, eux, bouillonnent. De nombreuses voix s’élèvent pour appeler à des changements profonds de société : « il y aura un avant et un après coronavirus », « ne revenons pas à la normalité, car la normalité, c’était le problème », « la normalité, c’était une crise. La normalité n’a pas d’avenir ». Cet épisode épidémique ne doit donc pas être une simple parenthèse. Il doit être l’élément déclencheur d’une véritable transformation de la société. Car bien avant que n’éclate la crise du coronavirus, de nombreux problèmes sociaux et environnementaux étaient déjà urgents à traiter. Ces problèmes sont la conséquence d’une trajectoire délétère sur laquelle nos sociétés se sont engagées depuis des générations.

La concentration en CO2 dans l’atmosphère n’a de cesse d’augmenter, des phénomènes climatiques extrêmes surgissent aux quatre coins du globe et un million d'espèces sont menacées d’extinction à un rythme qui s’accélère. D’ailleurs, le développement de pandémies comme celle du Covid-19 n’est pas sans lien avec la destruction de notre biodiversité, puisque 60% des virus sont transmis de l’animal sauvage à l’homme et que la destruction de leur habitat favorise cette transmission.

De plus, sept personnes sur dix vivent dans un pays où les inégalités se sont creusées ces 30 dernières années, des peuples en colère se révoltent un peu partout sur la planète, et les États tendent à devenir de plus en plus autoritaires. Ceci est amplifié, comme on le constate aujourd’hui, en période de crise. Moins les crises seront anticipées, plus les populations devront s’en remettre à un pouvoir autoritaire pour réagir dans l’urgence.

Tout est lié. Mais malgré la crise actuelle, nous avons les moyens de modifier cette trajectoire. Nous, signataires de cette tribune, pensons que la Convention citoyenne pour le climat peut être un moyen d’y parvenir.

En octobre 2019, cette assemblée de 150 personnes tirées au sort se réunissait pour la première fois au CESE (Conseil Économique, Social et Environnemental).

Son objectif : définir des mesures pour réduire d’au moins 40% les émissions de gaz à effet de serre de la France d’ici 2030, dans un esprit de justice sociale. Le 19 mars 2020, du fait de la situation sanitaire de la France, était annoncé le report de la tant attendue dernière session, où les 150 tirés au sort devaient rendre leur rapport final. Le soir-même, ils se réunissaient en ligne pour planifier la suite de leurs travaux en plein confinement.

Parce que le climat et la justice sociale n’attendent pas, ils et elles ont décidé que rien ne les empêcherait d’avancer. Les 3 et 4 avril derniers, une nouvelle session de travail en ligne leur a permis de réévaluer leurs mesures au prisme de la crise sanitaire. Vendredi, ils adressaient un message aux Français.es pour mettre en lumière les liens entre crise écologique et crise sanitaire. Dans le même temps, ils transmettaient au gouvernement 52 de leurs mesures pour un plan de sortie de crise qui soit écologique et socialement juste.

Ainsi, leurs propositions pourraient bien influencer l’après-Covid. Nous sommes tou.te.s concerné.e.s.

D’ailleurs, depuis le début, les travaux des 150 citoyen.nes concernent l’ensemble des Français.es. Ils les impliquent également : par exemple, la population sera peut-être amenée à se prononcer par référendum sur une réforme de la Constitution. Ainsi, il est essentiel que le texte fondateur de notre Vème République puisse garantir la préservation de la biodiversité et la lutte contre le dérèglement climatique. Faire de la Constitution un outil juridique efficace pour respecter les limites planétaires (les neuf grands systèmes régulant la stabilité de la vie sur Terre), et pas seulement un texte symbolique, est un défi de taille.

Tout comme le fait d’appliquer l’ensemble des mesures proposées par les 150 citoyen.nes.

Plus que jamais, nous avons intérêt à soutenir ces 150 citoyen.ne.s dans cette période difficile mais charnière. Si nous ne voulons pas que notre avenir soit réduit à une longue suite de crises, profitons de cet élan de solidarité qui a vu le jour en réponse à la crise sanitaire pour nous approprier le travail des 150 citoyen.ne.s. Suivons-les sur leur page facebook ou leur fil twitter, apprenons à mieux les connaître, renseignons-nous sur leurs travaux, prenons le temps de bien comprendre leur organisation et leurs méthodes de travail, parlons-en autour de nous, et tenons-nous prêts à soutenir les mesures qui seront annoncées. La Convention Citoyenne pour le Climat doit permettre de construire la société d’après-Covid, une société socialement juste, respectueuse du climat, de la biodiversité, que les Français.es appellent de tous leurs voeux.

Les Signataires :
Le collectif Notre Constitution Écologique (CliMates, Notre Affaire A Tous, le REFEDD, WARN!)  ; Youth For Climate France; Pour un Réveil Écologique ; BLOOM  ; On Est Prêt ; Citoyens Pour Le Climat ; HOP (Halte à l'Obsolescence Programmée) ; Démocratie Ouverte ; Together 4 Earth  ; le Forum Français de la Jeunesse  ; Engagé·e·s et Déterminé·e·s ; La Canopée Bleue ; AVES France ; Jour de la Terre ; Robin des Bancs ; LUMIÅ ; Les Jeunes Ecologistes ; Animafac ; Alofa tuvalu ; Wild Legal ; Sortez Tout Vert ; CleanWalker  ; wesign.it ; La Cité Fertile ; Assas Environnement ; Résilience  ; La Recyclerie ; Le Pavillon des Canaux ; Campus des Tiers-Lieux ; Écocampus ENS ; Association 13 mars  ; Sciences Citoyennes ; Mouvement FAIR[E]; Pik Pik Environnement

 

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