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Publié par LEXPRESS.fr avec l’AFP

Article publié ce dimanche 26/01/2020 par LEXPRESS.fr avec l’AFP

Christophe Castaner a annoncé ce dimanche le retrait "immédiat" de la grenade GLI-F4, une arme intermédiaire régulièrement accusée de causer des mutilations.

C'est une annonce surprise et symbolique. Elle anticipe les conclusions du futur schéma national du maintien de l'ordre qui sont attendues dans les prochaines semaines. Ce dimanche, sur France 3, le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner a annoncé le retrait "immédiat" de la grenade GLI-F4, une arme intermédiaire régulièrement accusée de causer des mutilations. 

Régulièrement contestée - sans succès - jusque devant le Conseil d'État pour sa dangerosité, cette petite grenade (17,8 cm de hauteur, 5,6 cm de diamètre, 190 g) a un triple effet lacrymogène, sonore (forte détonation) et de souffle. 

Avec cette déclaration, Christophe Castaner fait un nouveau geste pour répondre aux critiques sur le maintien de l'ordre. Les opposants de la première heure à ce type d'arme, qui demandaient sa suppression, ou même les forces de l'ordre ont toutefois critiqué l'annonce du ministre de l'Intérieur. 

Contacté par l'Agence France-Presse, Antoine Boudinet, qui a eu la main arrachée par une GLI-F4 le 8 décembre 2018 en marge d'une manifestation de gilets jaunes à Bordeaux, estime que ce "coup médiatique" et cet "effet d'annonce" ne sont "pas suffisants" car "c'est toute la politique du maintien de l'ordre en France qu'il faut réformer".  "On s'y attendait avec toutes ces polémiques" mais "c'est quand même une bonne nouvelle", ajoute Antoine Boudinet, qui figure sur la liste anticapitaliste de Philippe Poutou (avec le NPA, LFI, des associations et des gilets jaunes aux élections municipales à Bordeaux. 

"Des blessures auraient pu être évitées"

"C'est une décision nécessaire mais beaucoup trop tardive. Des blessures auraient pu être évitées s'il avait pris cette décision à temps", a pour sa part commenté l'avocat Raphaël Kempf, qui défend plusieurs gilets jaunes.  "Nous pensons à toutes les victimes aux vies détruites et à leurs familles. Les combats justes aboutissent. Nous les poursuivrons avec encore plus de détermination", a pour sa part réagi sur Twitter l'avocat Arié Alimi, spécialiste de la défense de victimes de violences policières. 

Deux sources sécuritaires ont précisé à l'AFP que les stocks de GLI-F4 étaient en voie d'épuisement, notamment chez les gendarmes mobiles et les CRS.  

"Cela ne change rien puisque la GLI est remplacée par la GM2L"

Deux sources sécuritaires ont précisé à l'AFP que les stocks de GLI-F4 étaient déjà en voie d'épuisement, notamment chez les gendarmes mobiles et les CRS. 

"Pour nous, cela ne change rien puisque la GLI est remplacée par la GM2L", une grenade lacrymogène assourdissante mais sans TNT, avance le CRS. "Les stocks n'allaient pas être épuisés en une semaine. Nous choisissons d'arrêter tout et maintenant. C'est une décision forte", fait-on en revanche valoir dans l'entourage du ministre. 

"C'est simplement un effet d'annonce à vocation politique à quelques semaines des municipales", rétorque de son côté Yves Lefebvre, secrétaire général d'Unité-SGP-FO. "Mais ça risque tout de même de provoquer une polémique en interne, ajoute-t-il. 

Un autre type de grenades, les OF-F1, avait été interdit en mai 2017 pour le maintien de l'ordre, après la mort en 2014 du militant écologiste Rémi Fraisse à Sivens (Tarn). 

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