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Publié par LDH49

Le 19 décembre 2019, une personne s’est pendue dans le centre de rétention administrative (CRA) de Rennes où La Cimade intervient. Malgré l’intervention des secours, après 9 jours d’hospitalisation entre la vie et la mort, ce monsieur est décédé le samedi 29 décembre.

La Cimade publie le communiqué ci-dessous (daté du 30/12/2019) pour dénoncer une politique toujours plus répressive. Depuis l’élection  présidentielle, il s’agit du 5ème décès en rétention. Depuis 1984, début de la présence de La Cimade en rétention, elle n’avait jamais observé une telle série de drames.

Le 10 décembre, une autre personne menaçait de mettre fin à ses jours dans le bureau de La Cimade au sein du CRA du Mesnil-Amelot. Cet été, plusieurs tentatives de suicide ont eu lieu dans le même centre.

Au CRA de Toulouse, le 9 décembre une personne s’est pendue juste après avoir appris la prolongation de sa rétention pour 30 jours. Elle a été découverte à temps. Mais au lieu d’être libérée, elle a été maintenue en rétention avec des allers-retours avec l’hôpital psychiatrique.

Au-delà de ces situations dramatiques et inacceptables, la politique du gouvernement conduit à une violence institutionnelle dans l’ensemble des CRA.

Au mois de mai 2019, La Cimade et 21 organisations dénonçaient une politique d’enfermement qui avait franchi la ligne rouge : Au cours de ces quinze derniers mois, deux hommes se sont donné la mort dans ces lieux où l’administration enferme des personnes pour les expulser du territoire français. D’autres se révoltent ou expriment leur désespoir à travers des lettres publiques, des grèves de la faim, des émeutes ou des tentatives d’incendie. Ces actes qui se multiplient à une fréquence inédite sont le résultat d’une politique inacceptable qui a conduit à une situation extrêmement alarmante.

Depuis, deux jeunes âgés de 24 et 19 ans ont perdu la vie au CRA de Vincennes dans des circonstances qui restent encore indéterminées.

Interpelé par nos organisations et par près de 25 000 citoyen·ne·s, le ministre de l’intérieur est resté sourd à cette alerte fondée sur un constat précis. Au contraire, les préfectures ont pour instruction d’enfermer toujours plus de personnes dans ces lieux de privation de liberté. La construction de trois nouveaux CRA a même été annoncée à Bordeaux, Lyon et Orléans.

Des personnes très fragilisées, dont certaines sont atteintes de troubles psychiatriques avérés sont enfermées en rétention. Des familles avec enfants sont enfermées et expulsées, certaines étant séparées. Une politique d’expulsion très répressive se poursuit vers des pays comme le Soudan ou l’Afghanistan ou l’Iran. Les violations des droits sont massives et assumées, en témoigne la très forte proportion d’annulation par les juges des procédures d’enfermement ou d’expulsion (près de 40 % en 2018 pour l’Hexagone).

La Cimade demande qu’il soit mis un terme à cette politique et appelle le gouvernement à la tenue en urgence d’une réunion avec les acteurs concernés.

Centre de rétention administrative : y sont retenus par la police des migrants.

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