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Publié par LDH49

Ce sont près de 400 personnes qui ont défilé ce jeudi soir 12 décembre à Angers sous la pluie et leurs couvertures de survie. A l'appel unitaire de nombreuses associations[1] dont la LDH, elles sont venues dénoncer l'insuffisance des prises en charge des personnes sans logement ou hébergement. Nous avons collectivement interpellé l'État, le Conseil départemental ainsi que la ville et l'agglo.

Partis à plus de 250 de la préfecture, la manifestation dépassait les 350 personnes devant l'hôtel de ville. D'autres nous ont rejoints directement devant l'abri de nuit du "Chemin de Traverse".

Cette forte mobilisation s'est faite en quelques jours grâce aux réseaux sociaux. Elle appelle une réponse coordonnée des pouvoirs publics.

 

[1][1] LDH, Secours Populaire, Secours Catholique, Amnesty international, Emmaüs, La Grande Ourse, Asile et Partage, Une famille un Toit, ATD, GREF, Médecins du monde, Habitat et Humanisme, REDA, CCFD terre Solidaire, Ethape…

400 personnes dans les rues d’Angers rappellent qu ‘un toit, c'est un droit’
400 personnes dans les rues d’Angers rappellent qu ‘un toit, c'est un droit’400 personnes dans les rues d’Angers rappellent qu ‘un toit, c'est un droit’
400 personnes dans les rues d’Angers rappellent qu ‘un toit, c'est un droit’400 personnes dans les rues d’Angers rappellent qu ‘un toit, c'est un droit’

Après les témoignages concrets de gens à la rue qui ont décrit les multiples difficultés qu’ils rencontrent au quotidien, une déclaration commune des associations organisatrices a été lue. La voici :

Merci pour cette lettre décrivant de manière précise la difficile réalité des personnes en situation de précarité sur Angers, que cela soit pour se loger ou pour répondre à l’ensemble de ses besoins fondamentaux.

Ce n’est pas à l’autre bout du monde que cela se passe. C’est dans les rues d’Angers, c’est sur ses trottoirs, que chacun peut en faire le triste constat. 

Nous, acteurs de la société civile, associations, fédérations, collectifs et citoyens agissant en soutien des personnes vivant la précarité, françaises comme exilées, le (ce constat) partageons et le dénonçons depuis de nombreuses années.

Nous ne cessons d’alerter sur :

  • L’augmentation du nombre de personnes, de femmes, parfois enceintes, de familles et de mineurs non accompagnés à la rue,
  • Le nombre insuffisant de places au 115, en centre d’hébergement d’urgence ou dans tout dispositif adapté à leur situation, au titre de la protection de l’enfance ou de l’asile,
  • Un dispositif d’urgence, le chemin de traverse (ouverte de 20h à 8h le matin pour une durée d’une nuit renouvelable après appel chaque jour), inadapté pour de nombreuses situations et sur de longues périodes,
  • La difficulté pour accéder à des services de base en journée, si les structures sont ouvertes (exemple de l’accueil de jour du PASS pour personnes seules ouvertes que le matin) et devant courir d’un lieu à un autre,
  • La tentation d’exclure les personnes étrangères en situation administrative précaire, notamment les personnes en séjour irrégulier,
  • Les tensions, parfois violentes, qui peuvent émerger avec un tel contexte de précarisation.

Cette situation est la conséquence du manque de volonté politique et de moyens pour respecter le principe d’accueil inconditionnel, socle fondamental de solidarité vis-à-vis des personnes en situation de précarité en France.

À chaque interpellation ou courrier, nous espérons que cela soit suffisant pour véritablement changer la donne.

À la promesse du Président de la République, prononcée en juillet 2018 qu’il n’y aurait « plus personne dans les rues d’ici la fin de l’année », nous voulions y croire.

Pourtant, chaque jour, les droits fondamentaux des personnes, exilées comme françaises, sont ouvertement bafoués, tant bien même quelques solutions soient trouvées ou des améliorations mises en place.

C’est en contradiction avec les principes qui fondent notre République et à nos engagements internationaux.

Si la société civile s’engage fortement et la solidarité s’organise pour tenter de faire face - que cela soit par l’hébergement citoyen ou des lieux vides réquisitionnés -, cette part de solidarité qu’elle souhaite exercer n’a pas vocation à se substituer à la puissance publique.

Il devient inacceptable que ces initiatives, aussi belles et riches soient elles, deviennent une réponse systémique pour mettre à l’abri les personnes et que l’Etat et ses services les envisagent formellement comme tel !

Il est donc urgent que cesse cette politique non respectueuse du droit fondamental de toute personne à être accueillie et que des réponses dignes soient trouvées en se donnant les moyens de créer des places d’hébergement collectives ou individuelles adaptées et stables, à commencer dans des lieux non utilisés et salubres dans le domaine public ou privé.

Ceci requiert une volonté politique réellement volontariste sur les questions de pauvreté et surtout la nécessité de penser et d'agir ensemble, Etat, collectivités locales, associations, citoyens et usagers pour sortir de la crise que notre pays traverse dans l’exercice de son devoir de protection des personnes à la rue.

Lire les autres prises de paroles et les articles de presse ICI

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