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Publié par LDH49

Applaudissements et colère à Lampedusa, en Italie. Le bateau Sea-Watch 3 est entré de force dans le port et sa capitaine Carola Rackete, qui avait forcé le blocus des eaux territoriales italiennes, a été arrêtée peu avant 3h du matin, a indiqué l'ONG ce samedi 28 juin.

La Ligue des droits de l’Homme renouvelle son entier soutien à l’engagement et aux actions de l’équipage du Sea Watch 3.

Elle apporte toute sa solidarité à la capitaine Carola Rackete, arrêtée ce matin par les autorités italiennes pour avoir sauvé des vies. Elle salue cette femme qui a pris la décision et la responsabilité d’entrer dans le port de Lampedusa afin d’y mettre à l’abri les 40 personnes naufragées qui se trouvaient à bord du navire en errance depuis près de 3 semaines."

"La Ldh s’indigne de cette inversion des principes qui consiste à criminaliser des militants qui portent secours à des rescapés.

Au-delà de l’Italie, ce sont tous les Etats de l’Europe qui portent la responsabilité des milliers d’enfants, de femmes et d’hommes morts noyés en Méditerranée depuis plusieurs années. Il est plus qu’urgent de retrouver notre humanité en organisant l’accueil de toutes les personnes qui fuient la guerre et la misère."

Apportez votre soutien. Pétition en ligne ici:

Ci-dessous les communiqués de Sea-Watch du 29 juin, 26 juin et 19 juin

Communiqué de Sea-Watch publié le 29 juin

Sea-Watch et la Cpt. Rackete: Le respect des droits de l’homme face à l’échec de L’UE

+++ Le Sea-Watch 3 entre dans le port de Lampedusa sans autorisation +++ Débarquement des rescapés imminente +++ Enquête ouverte contre notre Capitaine +++

Ni la Commission européenne ni aucun gouvernement européen n’a trouvé la solution pour le débarquement des 40 survivants restants à bord de Sea-Watch 3. C’est finalement la capitaine Carola Rackete qui, étant à la fois forcée et aussi prête à prendre ses responsabilités, a enfin mis en sécurité ces personnes. Sans autorisation, elle est entrée dans les eaux italiennes puis dans le port de Lampedusa. Elle a ainsi défendu le droit des rescapés d’être débarqué dans un port sûr.

Alors que le ministre Italien de l’Intérieur Matteo Salvini échappe lâchement aux poursuites pour enlèvement dans les affaires du Diciotti et du Sea-Watch 3, Sea-Watch est prêt à assumer l’entière responsabilité de l’application des droits humains, du droit de la mer et de la constitution italienne. Nous continuerons à sauver des vies en mer. Nous n’abandonnerons pas et défendrons la solidarité contre toute politique inhumaine et raciste de la part d’hommes politiques isolés ou des institutions européennes.

A 01:30 cette nuit – après 16 jours de jeux politiques sur le dos des rescapés et de l’équipage embarqué sur le navire –  le Sea-Watch 3 a été forcé d’entrer dans le port de Lampedusa sans permission pour débarquer les 40 survivants restants. Le navire ayant déclaré devoir entrer dans les eaux territoriales Italiennes en Etat de Nécéssité presque 60 heure auparavant.  Malgré cela, aucune autorité ne s’est manifesté pour assister le navire et aucune solution de débarquement pour les personnes rescapées n’a été proposée. “Nous ne sommes pas soulagés, nous sommes en colère”, dit le capitaine Carola Rackete, “ce débarquement aurait dû avoir lieu il y a plus de deux semaines. Les gouvernements européens, dans leurs bureaux climatisés, ont joué avec la vie de ces personnes pendant plus de 16 jours. C’est inhumain, inacceptable et probablement contraire à toutes les constitutions qu’ils prétendent représenter. C’est une honte pour l’Europe et l’Union que d’accuser les autres du blocus alors qu’aucune institution européenne n’était prête à en assumer la responsabilité jusqu’à ce que je sois obligée de le faire moi-même”.

En outre, la capitaine fait l’objet d’une enquête pour aide à l’immigration illégale et entrée illégale dans les eaux territoriales italiennes. “Nous sommes fiers de notre capitaine, elle a fait exactement ce qu’il fallait. Elle a suivi le droit de la mer et a mis les personnes en sécurité. A sa place, Matteo Salvini devrait faire l’objet d’une enquête pour enlèvement et violation du droit international. Trop souvent, il a évité les poursuites en comptant sur son immunité parlementaire”, déclare Johannes Bayer, président de Sea-Watch. “Je suis prête à faire face aux conséquences de mes décisions, comme on peut s’y attendre d’un capitaine. Et M. Salvini ? “ demande la capitaine Carola Rackete.

Communiqué de Sea-Watch publié le 26 juin

L’Europe ne pouvant assumer ses responsabilités – Le Sea-Watch 3 pénètre dans les eaux italiennes en vertu de l’État de Nécessité.

Les institutions européennes ont une fois de plus prouvé leur incapacité à assumer la responsabilité de protéger les droits des personnes secourues à la frontière maritime la plus mortelle de l’Europe. Ni les États européens, ni la Commission de l’Union Européenne ne sont disposés à faire respecter ce qui est à la base de leur constitution, à savoir la dignité humaine. De plus, avec le verdict politique rendu hier, la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) a échoué à apporter une solution rapide pour  les 42 survivants bloqués à bord du navire de sauvetage Sea-Watch 3. Leur situation est maintenant plus désespérée que jamais. En conséquence, aujourd’hui à midi, la capitaine a été contrainte d’entrer dans les eaux territoriales italiennes en vertu de l’état de nécessité.

“Aucune institution européenne n’est prête à prendre ses responsabilités et à défendre la dignité humaine aux frontières méditerranéennes de l’Europe – c’est pourquoi nous devons assumer nous-même cette responsabilité. Nous entrons dans les eaux italiennes car il n’y a plus d’autre option pour assurer la sécurité des rescapés dont les droits fondamentaux ont été violés depuis assez longtemps”, déclare Johannes Bayer, président de Sea-Watch. “La garantie des droits de l’Homme ne doit pas être subordonnée à un passeport ou à des négociations de l’UE, elle doit être indivisible.

“Nous avons à bord des personnes qui ont vécu des situations traumatisantes en Libye, qui ont été lourdement torturées, mais même si ce n’était pas le cas, toute personne secourue en mer, de par la loi, doit être amenée dans un lieu sûr. Ce sont des personnes qui ont des besoins et des droits fondamentaux. Une opération de sauvetage n’est pas terminée tant que chaque personne secourue n’a pas les deux pieds sur terre “, explique Haidi Sadik, médiateur culturel sur le Sea-Watch 3.

Ces personnes, initialement au nombre de cinquante-trois, ont été secourues le 12 juin dans les eaux internationales à bord d’une embarcation pneumatique. Plus tard dans la journée, dans une tentative sans précédent de rendre Sea-Watch complice d’une grave violation des droits de l’Homme, la soi-disant Garde côtière libyenne avait désigné Tripoli comme port sûr et demandé au navire de refouler illégalement les survivants en Libye. Le ministre italien Matteo Salvini, qui a exigé très sérieusement que Sea-Watch suive les instructions libyennes, a même provoqué une réaction sans appel de la commission de l’UE : “Tous les navires battant pavillon d’un pays membre de l’’UE sont tenus de respecter le droit international en matière de recherche et de sauvetage, y compris la nécessité d’amener les personnes secourues dans un lieu sûr. La Commission a toujours dit que ces conditions n’existent pas actuellement en Libye.” Toutefois, la Commission n’a donné aucune indication quant à un lieu sûr dans lequel pourrait s’effectuer le débarquement.

Le sauvetage a été suivi d’un “stand off” de 14 jours devant l’île italienne de Lampedusa, qui était le port sûr le plus proche de la position du sauvetage. L’Italie a refusé l’entrée au bateau et a même mis en vigueur à la hâte un nouveau décret du ministre de l’intérieur menaçant Sea-Watch d’absurdes amendes et poursuites criminelles. Au cours de ce “stand off”, les autorités italiennes ont débarqué 10 des survivants pour des raisons médicales le 15 juin et en ont évacué un autre le 21 juin, laissant 42 autres personnes à bord, dont 3 mineurs non accompagnés, les plus jeunes ayant 12 ans. Trente-six personnes restées à bord ont par la suite effectué une demande de mesures provisoires invoquant les dispositions de « l’article 39 » devant la Cour Européenne des Droits de l’Homme, qui leur a été refusé le 25 juin.

“La décision de la CEDH de janvier était sans courage. C’est la capitulation inconditionnelle de la Cour face à la politique de droite anti-migration de l’Europe “, a déclaré Johannes Bayer en faisant référence à un précédent appel en vertu de l’article 39 par les sauveteurs du Sea-Watch 3. “Si cette situation, comprenant la détention illégale et indéfinie à bord de notre navire et la privation de la plupart des biens de première nécessité, ne viole pas les droits de l’Homme des personnes rescapées à bord, alors dans quelle situation ces droits seraient-ils violés ? Nous ne pouvons pas attendre que chaque personne devienne avec le temps une urgence médicale.”

Communiqué de Sea-Watch publié le 19 juin

Sea-Watch exige le débarquement de 43 survivants, à l’occasion de la Journée mondiale des réfugiés de demain.

Après s’être vu refuser un port de sécurité pendant 7 jours, les 43 personnes secourues par le Sea-Watch 3 sont toujours bloquées à bord du navire. Sea-Watch appelle les dirigeants européens à organiser un débarquement immédiat et mettre un terme à cette situation insupportable qui ne peut plus durer. La solution est là, plus de 60 villes se sont déclarées prêtes à accueillir les gens.

Le 12 juin, 53 personnes, dont 9 femmes, 39 hommes, 2 tout-petits et 3 mineurs non accompagnés, ont été secourus par le Sea Watch 3. L’embarcation en caoutchouc à peine flottante se trouvait dans les eaux internationales, à environ 47 milles marins au large de Zawiya, en Libye.

Plus tard dans la journée, dans une tentative sans précédent de rendre Sea-Watch complice de graves violations des droits de l’homme, les sois disants Gardes côtes Libyens avaient désigné Tripoli comme port de sécurité et demandé au navire de ramener illégalement les survivants en Libye. Le ministre italien Matteo Salvini a sérieusement demandé à Sea-Watch de suivre les instructions libyennes.

La Libye, où les migrants sont confrontés à la détention illégale, au viol, à la torture et à l’esclavage, n’est pas un port sûr“, déclare Carola Rackete, capitaine de Sea-Watch 3. “Nous avons dû rejeter cet appel à enfreindre le droit international et nous diriger vers Lampedusa, le port sûr le plus proche du lieu où le sauvetage a eu lieu.” Le navire est arrivé à la frontière des eaux territoriales italiennes le 15 juin.

Or le 14 juin, une nouvelle loi populiste introduite par le ministre de l’Intérieur italien Salvini a été adoptée. Elle criminalise les organisations civiles de sauvetage débarquant des personnes sauvées en Italie et menace les capitaines et les armateurs d’amendes pouvant atteindre 50.000 € s’ils pénètrent sans autorisation dans les eaux italiennes. La loi élargit également considérablement la portée des mesures policières.

“Une autre tactique de l’Italie qui criminalise le devoir de sauvetage en mer en Méditerranée, et le reste de l’UE se tient en silence”, déclare Philipp Hahn, chef de la mission sur Sea-Watch 3. “Il est scandaleux que l’Italie nous menace d’amendes allant jusqu’à 50 000 euros et de la saisie de notre navire pour avoir sauvé des vies humaines, en violation flagrante de la législation internationale et des droits humains. Quelle est la prochaine étape, les médecins devront-ils payer une amende pour emmener les patients à l’hôpital ?”

Le 15 juin, les garde-côtes italiens ont procédé à une évaluation médicale à bord et décidé le débarquement de cinq personnes vulnérables et de cinq personnes les accompagnant. Pourtant, la situation est vraiment tendue : ” Beaucoup de personnes secourues ont besoin de soins médicaux et souffrent de déshydratation à cause du mal de mer. Le débarquement d’une partie du groupe a eu un fort effet psychologique sur les personnes restant à bord. Ces gens ont besoin d’un port sûr, et ils en ont besoin maintenant “, déclare Verena Wurz, médecin à bord du Sea-Watch 3.

Entre-temps, dans le cadre du mouvement international Seebrücke, plus de 60 villes et municipalités à travers l’Europe se sont déclarées “ports sûrs” en solidarité avec les réfugiés et les sauveteurs en mer, étant prêtes à accepter plus de demandeurs d’asile que les quotas imposés : “Alors que l’UE se dérobe, la société civile prend ses responsabilités. L’offre de la part des villes solidaires d’accueillir les personnes a été faite. Il appartient à l’UE et au gouvernement fédéral allemand de mettre fin aux souffrances des personnes sauvées. Les beaux discours à l’occasion de la Journée mondiale des réfugiés n’aident personne, ce qu’il faut, c’est une action immédiate “, déclare le capitaine Rackete.

 

 

 

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