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Publié par LDH

« Certains jours, je ne savais pas où dormir »

Le dernier rapport de la CFDA, composée des principales organisations nationales dont la LDH, vient de paraître. Il rappelle les conditions minimum pour un droit d'asile effectif et fait un état des lieux de l'accueil au niveau des politiques publiques comme des mobilisations de la société civile. Des exemplaires papiers seront disponibles gratuitement pour les stuctures et militants au Congrès.

Il a été présenté publiquement le 15 mai. Il servira de support à une interpellation des pouvoirs publics et à un dialogue avec différentes institutions nationales. Une démarche similaire peut aussi être entreprise régionalement et localement.

 

Télécharger le rapport

 

L’année 2015 est une année charnière dans l’évolution de la mobilisation citoyenne et des pratiques de l’État auprès des personnes exilées. A l’international, la perpétuation de conflits armés, de violations des droits humains, d’absence de perspective d’avenir dans plusieurs régions du monde ont poussé plus de 65,3 millions de personnes à quitter leur lieu de vie pour se réfugier ailleurs, pour plus de 85% des personnes, dans des pays à faibles ou moyens revenus. La mise en lumière des situations tragiques que rencontrent les personnes qui cherchent exil aux portes de l’Europe, à l’image du petit Aylan Kurdi retrouvé sur une plage grecque en septembre 2015, a suscité une grande indignation et une forte mobilisation.

En France, le nombre de personnes demandant l’asile est passé de 64 811 personnes en 2014 à 80 075 en2015. Cette augmentation du nombre de personnes déposant une demande d’asile en France, relative au regard de la situation internationale, se poursuit aujourd’hui avec une augmentation de 22% des demandes d’asile entre 2017 et 2018 pour atteindre 122 743 demandes en 2018. Cette situation met en lumière l’insuffisance structurelle des capacités d’hébergement et d’accompagnement des demandeurs d’asile en France. Ainsi, seules 31 526 personnes demandant l’asile étaient entrées dans un hébergement dédié aux personnes en demande d’asile en 2015, ce qui signifie que plus de 61% d’entre elles n’y ont pas eu accès. La proportion de personnes demandant l’asile non hébergées dans un dispositif dédié est toujours de 58% en 2018.

Si la mobilisation de la société civile auprès des personnes qui demandent l’asile en France n’est pas nouvelle, un grand élan de solidarité est apparu depuis 2015 sous l’effet du contexte international et national. Le site « Sursaut citoyen » recense ainsi en décembre 2018 plus de 1 200 associations ou collectifs engagés dansl’accueil et la défense des droits des personnes qui demandent l’asile. Aides d’urgence, soutien juridique dans l’accès aux droits, actions de plaidoyer collectives… : les actions de la société civile recouvrent une grande diversité d’initiatives. Celles-ci peuvent être le fait d’associations nationales constituées de bénévoles et de salarié-e-s, d’associations locales, de collectifs citoyens, de bénévoles ou militant·e·s autonomes. Bien que non encadrées par l’État (par l’intermédiaire par exemple d’un cahier des charges, d’un conventionnement et,surtout, d’un financement public), elles sont fortement influencées par les politiques publiques migratoires menées par l’État, et particulièrement par le ministère de l’Intérieur et l’Union européenne. Lire la suite du rapport

La CFDA rassemble les organisations suivantes :

ACAT (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture), Amnesty International France, Ardhis (Association pour la reconnaissance des droits des personnes homosexuelles et transsexuelles à l’immigration et au séjour), Centre Primo Levi (soins et soutien aux personnes victimes de la torture et de la violence politique), La Cimade (Service oecuménique d’entraide), Comede (Comité pour la santé des exilés), Dom’Asile, ELENA (Réseau d’avocats pour le droit d’asile), Fasti (Fédération des associations de solidarité avec tout-e-s les immigré-e-s), GAS (Groupe accueil solidarité), Gisti (Groupe d’information et de soutien des immigré·e·s), JRSFrance (Jesuit Refugee Service), LDH (Ligue des droits de l’Homme), Médecins du Monde, MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples), Secours Catholique-Caritas France. La Croix-Rouge française et la représentation française du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés sont associées aux travaux de la CFDA.

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